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Bibliothèque Kandinsky

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Vue de la salle de lecture de la BK

[ACTUALITÉS] Soutenance de thèse d'Akram Zaatari | Father and Son : Restitution in Creative Practice

Conférence

Le service Nouveaux Médias et la Bibliothèque Kandinsky, Musée national d’art moderne – Centre Pompidou sont heureux de vous inviter à la soutenance de la thèse de doctorat d’Akram Zaatari, intitulée Father and Son : Restitution in Creative Practice. Cette thèse analyse la restitution à la fois comme méthode de recherche et comme pratique artistique.

 

Father and Son : Restitution in Creative Practice

Doctorat par le projet sous la direction de François Pernot, CY Cergy Paris Université et de Bénédicte Savoy,en cotutelle avec la Technische Universität Berlin, et d’Alejandra Riera, ENSAPC.

 

[Version française]

Father and Son : Restitution in Creative Practice analyse la restitution à la fois comme méthode de recherche et comme pratique artistique. Prenant son point de départ dans les sarcophages phéniciens des rois Tabnit et Eshmunazor II – découverts à Sidon au 19e siècle et transférés aux Musées archéologiques d’Istanbul et respectivement au Louvre – cette thèse examine comment l’archéologie a modelé le musée moderne, contribué à l’émergence de la discipline des beaux-arts et participé à la construction des récits historiques nationaux et impériaux.

Plutôt que de préconiser la restitution physique d’objets déplacés, cette thèse explore des formes alternatives de restitution activées par la pratique artistique. Les œuvres réalisées pour l’exposition « Father and Son » réhabilitent des relations plutôt que des propriétés : elles reconstruisent des objets et des histoires perdues, donnent à entendre des voix oubliées et rétablissent des liens fracturés par des rivalités visant à s’approprier le passé par le biais de fouilles et d’enlèvements. La restitution devient ainsi moins une question de « retourner » des objets qu’un mode d’enquête permettant de produire de nouvelles relations historiques et de nouvelles formes de savoir.

En abordant la restitution comme un processus artistique et comme positionnement éthique plutôt que comme règlement de litiges, cette thèse entend l’art comme un espace où la restitution peut être repensée, et où des histoires non résolues peuvent être revisitées, performées et réinventées au-delà des logiques de possession, de territorialité et d’intérêt d’État.

 

Né en 1966 au Liban, Akram Zaatari vit et travaille à Beyrouth.

Il a réalisé plus de cinquante films et vidéos, publié une douzaine d’ouvrages et créé d’innombrables installations à partir de documents photographiques, qui partagent tous un intérêt commun pour l’écriture de l’histoire, la production et la circulation des images en temps de guerre, ainsi que pour le jeu des temps verbaux inhérent à diverses lettres qui ont été perdues, retrouvées, enterrées, découvertes ou dont l’arrivée à destination a été retardée d’une manière ou d’une autre. L'acte de fouiller, ou l'excavation elle-même, est devenu emblématique de sa quête d'objets, de récits et de maillons manquants, tout en s'efforçant de rétablir des liens perdus à travers le temps et l'espace.

Zaatari a joué un rôle essentiel dans le développement des infrastructures formelles, intellectuelles et institutionnelles de la scène artistique contemporaine de Beyrouth. Il est cofondateur de l’Arab Image Foundation, une organisation novatrice, portée par des artistes, qui se consacre à la recherche et à l’étude de la photographie dans le monde arabe. Il a apporté une contribution de premier plan et sans concession au débat plus large sur la préservation et les pratiques d’archivage.

Le travail de Zaatari a été présenté à la Documenta 13 en 2012. Il a représenté le Liban à la Biennale de Venise en 2013.

Parmi ses films figurent trois longs métrages : The Landing (2019), Twenty-Eight Nights and A Poem (2015) et This Day (2003).

Ses œuvres font partie des collections d’institutions telles qu’Art Jameel, le Centre Pompidou, les musées Guggenheim de New York et d’Abu Dhabi, le Hammer Museum, le Moderna Museet, le K21, le MACBA, le MMCA de Séoul, le MoMA, la Sharjah Art Foundation, la Fondation Serralves, la Tate Modern et le Walker Art Center.

 

 

[English version]

Father and Son : Restitution in Creative Practice

PhD in Arts under the direction of François Pernot ; CY Cergy Paris University, Bénédicte Savoy (Technische Universität Berlin) and the professional framing of Alejandra Riera – ENSAPC

 

Father and Son : Restitution in Creative Practice examines restitution as both a mode of inquiry and an artistic practice. Taking as its point of departure the Phoenician sarcophagi of Kings Tabnit and Eshmunazor II – excavated in Sidon in the nineteenth century and removed respectively to the Istanbul Archaeology Museums and the Louvre – the dissertation examines how archaeology shaped the modern museum, contributed to the formation of the discipline of the beaux-arts, and participated in the construction of national and imperial historical narratives.

Rather than advocating the physical return of displaced objects, the dissertation explores alternative forms of restitution enacted through artistic practice. The works produced for the exhibition Father and Son restore relationships rather than possessions, reconstructing lost objects and histories, recovering overlooked voices, and re-establishing connections fractured by rival quests to claim the past through excavation and removal. Restitution thus becomes less a matter of returning objects than a mode of inquiry through which new historical relations and forms of knowledge can be produced.

By approaching restitution as an artistic process and an ethical position rather than as the settlement of claims, the dissertation proposes art as a space in which restitution can be rethought, and where unresolved histories can be revisited, performed, and reimagined beyond the logics of possession, territoriality, and state interest.
 

Born 1966 in Lebanon. Akram Zaatari lives and works in Beirut.

Akram Zaatari has produced more than fifty films and videos, a dozen books, and countless installations of photographic material, all sharing an interest in writing histories, in the production and circulation of images in times of war, and the play of tenses inherent to various letters that have been lost, found, buried, discovered, or otherwise delayed in reaching their destinations. The act of digging, or the excavation itself, has become emblematic of his search for objects, narratives and missing links, while trying to restitute lost connections across time and geography.  

Zaatari has played a critical role in developing the formal, intellectual, and institutional infrastructure of Beirut's contemporary art scene. He is a co-founder of the Arab Image Foundation, a groundbreaking, artist-driven organization devoted to the research and study of photography in the Arab world. He has made invaluable and uncompromising contributions to the wider discourse on preservation and archival practice.

Zaatari’s work has been featured at DocumentaVenice Biennial 13 in 2012. He represented Lebanon at the Venice Biennale in 2013.

His films include three features : The Landing (2019), Twenty-Eight Nights and A Poem (2015) and This Day (2003).

His work is part of institutional collections such as Art Jameel, Centre Pompidou, Guggenheim Museum NY and Abu Dhabi, Hammer Museum, Moderna Museet, K21, MACBA, MMCA Seoul, MoMA, Sharjah Art Foundation, Serralves Foundation, Tate Modern, and Walker Art Center.

Quand

Le 25 nov 2026

9h - 13h

Entrée libre dans la limite des places disponibles



Où

Maison Pompidou, Salle constellation, 50 rue Rambuteau, 75003 Paris