[LANCEMENT] "Claude Givaudan, imaginateur" (Editions Hermann)
LancementLa Bibliothèque Kandinsky du Musée national d'art moderne – Centre Pompidou est heureuse de vous inviter au lancement de l'ouvrage Claude Givaudan, Imaginateur de Didier Semin, paru aux éditions Hermann, Collection Galerie d'art. En présence de l'auteur.
Présentation
Cette parution entre en forte résonance avec le conséquent fonds d'archives et de livres d'artistes de la Galerie et des Editions Claude Givaudan. Généreusement donné par Soizic Audouard à la Bibliothèque Kandinsky en 2021, cet ensemble honore la mémoire du galeriste et constitue un remarquable corpus pour la recherche et l'exposition.
« Rien ne prédestinait a priori Claude Givaudan, né à Genève dans la famille des célèbres parfumeurs, et scientifique de formation, à devenir éditeur et marchand d’art. C’est peut- être pour cela qu’il se révéla, dans les deux métiers, un inventeur, un précurseur en qui les artistes et les écrivains reconnurent très vite, non seulement un allié solide et fidèle, mais aussi en quelque sorte un des leurs. Sa première galerie ouvrit à Paris fin 1966, avec une présentation des livres-objets qu’il avait déjà édités. Cette exposition inaugurale était un manifeste : Givaudan voyait venir la fin de l’œuvre unique, et se passionnait pour les multiples. Il fut ainsi le tout premier à produire des films d’artistes destinés à la vente aux particuliers. La galerie, située au 201 boulevard Saint-Germain, était ouverte à tous, elle faisait corps avec la rue, dont le macadam se prolongeait sous une porte vitrée pour faire, à l’intérieur, office de revêtement de sol ! Takis, Piotr Kowalski, Étienne-Martin, Erró, Christian Boltanski, Martial Raysse, bien d’autres, menèrent là de passionnantes expériences, et ce n’est pas un hasard si Marcel Duchamp, pionnier en matière d’éditions, a fait l’une de ses toutes dernières expositions dans ce lieu pas comme les autres.
Claude Givaudan fait partie des quelques personnages d’exception qui ont, les premiers, acclimaté le public à tout ce dont nous sommes aujourd’hui familiers, dans le monde de l’art contemporain : les objets inclassables, la diffusion en galerie d’images animées, les expositions conçues comme des œuvres d’art en soi, les performances spectaculaires ou déroutantes – la liste serait longue. Dans une époque qui se souciait peu de la représentation des artistes femmes, ces dernières eurent aussi chez lui une place sensiblement plus importante que chez nombre de ses collègues : Meret Oppenheim et Elaine Sturtevant ont fait à la galerie Givaudan chacune deux expositions majeures, mais Isabelle Waldberg, Dorothée Selz, Catherine Carrara y ont vu de même leur travail présenté...
Les événements de mai 1968 posèrent beaucoup de questions au jeune marchand : fin 1970, il partit pour un long périple à la voile dans le Pacifique. Mais sa passion pour l’art et l’édition n’était pas soluble dans l’aventure : à son retour, il rouvrit une galerie, cette fois à Genève, et reprit son travail d’éditeur avec le même enthousiasme, et la même rigueur, qu’auparavant. Il montra à nouveau Erró, Raysse et Kowalski, mais aussi un étrange magicien, James Lee Byars, publia Alain Jacquet, Daniel Pommereulle, William Burroughs et Allen Ginsberg, sans s’interdire de mêler à l’occasion les époques et les cultures... Le destin rappela Claude Givaudan bien trop tôt, en 1988, quelques jours à peine avant son cinquantième anniversaire.
Ses archives, désormais conservées au Centre Pompidou, ont permis que soit publié un premier portrait de cet homme étonnant à tous égards – sur qui l’on gage que beaucoup reste à écrire ! » (Didie Semin)
L’auteur
Didier Semin, historien d’art, a exercé les fonctions de conservateur au Musée de l’Abbaye Sainte-Croix, aux Sables d’Olonne, et au Musée d’art moderne de la ville de Paris, avant de rejoindre le Centre Pompidou, puis l’École nationale des Beaux-Arts de Paris, où il a enseigné jusqu’en 2020.
Quand
À partir de 18h30
Entrée libre, sur réservation
