La mode est omniprésente et protéiforme dans l’œuvre de Kiki Kogelnik (1935-1997). Elle participe de la construction de son personnage public, « Kiki », elle sert d’inspiration dans de nombreuses œuvres, et régit le lien tant souhaité à l’artificialité. La mode produit de la « beauté », sert d’interface entre le studio et la ville, et entre différents types d’image. Elle sert à la représentation dans tous les sens du terme. Mais elle sert aussi un but politique, ce qui est plus rare : l’artiste recourt à la mode (ou plutôt au vêtement) dans une très symbolique opération dénommée la lessive. Il s’agit de laver les taches de l’Histoire, traiter le thème de l’hygiène et, peut-être, celui de la virginité catholique.